Comment dresser un chien peureux pour qu’il ne le soit plus ?

Salut à tous ! Bienvenue sur Esprit dog. Aujourd’hui, j’avais envie de vous partager une vidéo de travail qu’on a réalisé durant la dernière formation professionnelle. Nous avons eu l’occasion de travailler avec Santa, un chien abandonné la nuit de noël et qui est très peureux à l’humain. En plus, cette vidéo de travail va être extrêmement intéressante, puisqu’elle va se produire sans aucun matériel. Nous avons fait uniquement du déplacement. Juste comme cela, nous allons vous montrer comment il est possible de dresser un chien peureux pour qu’il ne le soit plus.

Santa se trouve à côté d’une personne comme vous pouvez le voir. Cette personne s’appelle Fede, il s’occupe de nourrir Santa au refuge. Qu’est ce que l’on peut constater ? Un Santa qui n’écoute pas Fede, mais en plus qui aboie dans le vide. On peut facilement voir que le chien n’est pas bien, qu’il est mal à l’aise et peureux envers les humains qui l’entourent. D’expérience, je peux m’avancer sur le fait que Santa a sans doute été beaucoup mal traité. J’aimerais lui montrer que l’on peut s’approcher de lui et le caresser sans aucune contrainte. C’est notamment pour cela que j’ai choisi de n’amener aucun matériel. Nous n’utiliserons aucune laisse, ni aucune longe. Surtout, nous n’avons apporté aucune friandise, puisque sa grande récompense sera de comprendre qu’il n’y a pas de danger.

Dresser un chien peureux, l’approche

On va commencer à travailler sur du déplacement. L’idée, c’est de montrer à Santa que, premièrement, tout le monde n’en a rien à faire de lui. C’est important qu’il le comprenne. En effet, les humains ne sont pas tous intéressés par son cas à lui. Mon approche va être essentielle. Au niveau de ma ligne de corps ou de mon sens de déplacement, il est important que Santa se rende compte que je ne suis absolument pas une menace. Je lui explique donc qu’il n’a rien à craindre juste par le mouvement. En effet, durant cette phase, il va y avoir les approches sur le côté, aucun point de regard fixe sur le chien, de la discussion avec les gens qui sont autour pour montrer à Santa que la vie continue.

Souvent quand il y a ce genre de travail qui est entrepris par des éducateurs canins, ils figent tellement l’instant qu’ils créent artificiellement une zone anxiogène. Maintenant, je demande aux élèves de s’approcher, pour voir à quel point ça gêne Santa, en arrivant sur le coté. Malheureusement, un élève comprend mal et passe derrière le chien. Ça, c’est extrêmement dangereux. En effet, on ne contourne jamais un chien qui est peureux que l’on essaie de dresser. On lui laisse toujours la possibilité de s’échapper s’il le souhaite. J’ai surtout besoin de voir à quel niveau il est avec Fede. Donc je me mets à côté de Fede et on marche tranquillement. Santa est en train de se détendre un petit peu de ma présence, on avance sur le groupe d’élèves. Tout à coup, Santa se fige et fait demi-tour. Tout ça à deux mètres du groupe d’élèves.

Donc, son seuil de réactivité n’est pas si élevé que ça. Donc, c’est vraiment le moment de le travailler. En effet, plus le temps va passer, plus ça va être compliqué. On ne peut pas laisser le chien dans cet état là puisqu’il vit tout mal chaque fois qu’il voit un humain. On s’y prend autrement, et je demande aux élèves de se mettre un par un à côté de Fede, puis à côté de moi et ainsi de suite. Le tout, en faisant bien attention de ne pas encercler le chien. Santa aboie, mais il reste là où il est, c’est-à-dire à côté de nous. Le fait de faire ça va faire que le chien ne va pas se sentir oppressé. S’il veut partir d’un côté ou d’un autre, il peut le faire. Dans le cas actuel, il ne le fait pas.

Je demande maintenant à un élève de s’accroupir. Le chien réagi et fait une chose qu’il n’avait encore jamais faite, il prend des informations. En effet, il va picorer des zones, rechercher des odeurs. Là, ce qui est important c’est qu’il n’est contraint de rien. C’est lui qui prend ses propres décisions en fonction de ce qu’il a analysé et vu, de l’expérience qu’il est en train de se construire. Un deuxième élève va s’accroupir. Il prend les informations encore une fois, ce qui est parfait puisque c’est un chien qui à la base ne prenait aucune information. Quand je finis par m’accroupir, on a un Santa qui va venir de lui-même poser sa tête sur ma cuisse.

Et là, on va pouvoir caresser. Quand on caresse, il y a les caresses de côté qui sont importantes, mais il y a surtout la caresse sur la tête. Pour moi, c’est la plus importante. Elle dit à Santa : tu as vu, je suis la et je ne te veux pas de mal. Santa a besoin de gens fiables autour de lui, des gens qui le rassurent et pas des gens un peu fragiles, qui risquent d’hésiter.

Un résultat touchant

Ce moment-là est très touchant et ça me fait également comprendre que Santa va rapidement pouvoir redevenir heureux et arrêter de stresser chaque fois qu’il voit un humain. Enfin, j’avais envie de faire comprendre à tout le monde qu’il n’y a pas qu’une seule façon de faire à chaque fois. Que sans accessoires on peut atteindre ce but-là. Je voudrais surtout mettre dans la tête de tout le monde que parfois, il faut utiliser une longe et parfois même certains chiens vont demander à ce que l’on bloque la longe et qu’il y ait forcément un petit peu de contraintes. Ça va dépendre du niveau d’intensité du chien, de ses phobies, de ses troubles. Vous devez rentrer dans sa tête et, une fois que vous y êtes, on fait le tri et on trouve la bonne solution.

Comment dresser un chien peureux pour qu’il ne le soit plus ?