L’affaire Curtis, analyse technique de la situation

Bonjour à tous ! Bienvenue sur Esprit Dog. Aujourd’hui, on va parler de l’affaire Curtis.

Depuis des mois et des mois, vous êtes des centaines et des centaines à nous demander notre avis sur l’affaire Curtis. On a toujours refusé de vous le donner. La première raison c’est qu’on a rien à dire parce qu’on ne sait pas. Donc, c’est ce qu’on a fait. La deuxième raison, c’est qu’il faut respecter le drame qui vient d’y avoir. Donc, il faut respecter la famille. Il faut de la pudeur en fait, pour être tout à fait clair avec vous. Et c’est vrai que la pudeur, ça n’a pas étouffé tout le monde.

Tous les professionnels qui ont essayé de reprendre cette affaire juste pour faire du buzz. Tous ceux qui racontent n’importe quoi, tous ceux qui véhiculent des rumeurs qui n’existent pas : il faut que vous la fermiez un petit peu. Là, ça commence à devenir n’importe quoi. Vous obligez la famille à réagir vu la quantité ahurissante de bêtises sorties sur les réseaux chaque minute.

Si ces pseudos professionnels continuent à ouvrir leurs grandes gueules, alors qu’ils ne savent absolument rien de rien, eh bien ce chien-là va mourir. Qu’on soit clair en tant que professionnel, la passion, le cœur n’a rien à foutre dans cette affaire. Il faut être pragmatique, lucide et clair dans ce qu’on veut faire. Les seuls qui ont le droit d’avoir la passion et le cœur c’est la famille. Pour tous les autres qui rentrent dans des combats qui n’ont absolument rien à voir avec ce qui se passe, vous vous trompez. Mais surtout, vous faites beaucoup de mal à ce chien, à cette famille et au monde canin en règle générale. Toutes ces guerres qui ne veulent rien dire entraînent aujourd’hui uniquement une seule chose, un grand vainqueur dans l’affaire Curtis : l’amalgame.

L’amalgame c’est quoi ? C’est que maintenant ça y est, la chasse c’est bien où la chasse c’est mal on n’en a rien à foutre. Aujourd’hui, ce qu’on veut c’est de savoir, c’est ce qui s’est passé. On est maintenant sur un combat afin de savoir si les chiens catégorisés, ou si les molosses, sont dangereux ou pas. Bravo à tous ceux qu’on amenés ce combat-là, parce que maintenant on ne parle plus que de ça. Encore pire, maintenant, on est en train de raconter que tous les sports de mordant entraînent la mort à la fin. Il faut que ça s’arrête.

L’affaire Curtis, notre avis

Comme vous voulez savoir ce que je pense de cette affaire et de ce qui s’est passé, je vais être très clair avec vous. Ce que le chien a fait ou n’a pas fait : on n’en sait rien, je n’en sais rien. Il y a plusieurs hypothèses qui peuvent être avancées. Mais que toutes les personnes qui ouvrent leur gueule pour raconter leurs vérités se taisent. Que vous vouliez protéger le chien ou pas, à écouter ce grand n’importe quoi de gens, vous allez l’entraîner à la piqûre. Qu’on soit bien clair là-dessus.

Donc, je ne m’exprimerai pas là-dessus. En revanche, ce que je peux vous dire c’est qu’il y a deux grandes choses à bien séparer. Oui, il y a des torts. À un moment donné, on a un chien qui est sans papiers en France, qui fait du mordant dans un cadre privé, ce qui est complètement interdit par la loi. Il va falloir un jour, même si ça ne plaît pas à tout le monde, qu’on commence un tout petit peu à assumer les choses à réformer ces lois.

On ne peut pas prendre un staff ou un pitbull et dire qu’il est croisé avec tel ou tel autre chien qui n’a absolument rien à voir avec ce que l’on voit. Donc oui, il a des torts. Maintenant, ce n’est pas parce qu’on raconte tout ça que le chien est coupable ou non. Plus tard viendra le combat de savoir : comment on fait pour réformer toutes ces lois qui ne marchent plus ? Aujourd’hui, le vrai combat, ce n’est pas celui-là donc il ne faut pas se disperser.

Le vrai combat c’est de savoir ce qu’il s’est passé et pour cela il y a une enquête en cours. Il faut laisser faire la justice même si elle a un peu marché sur la tête à certains moments. Bien évidemment, on va aller faire ces analyses ADN. On ne peut pas monnayer avec la vie ou avec la mort. Il faut laisser faire la justice là-dessus. Il faut maintenant s’intéresser au cas de Curtis dans cette affaire. C’est pour ça qu’on prend la parole aujourd’hui.

Alors je vous le dis tout de suite qu’on soit bien clair : je ne défends aucun camp aujourd’hui. Parce que ne pas en défendre ça aide à garder les idées claires et de ne pas prendre parti. C’est très important dans ce cas de figure là. Aujourd’hui, on me dit : ce chien-là a mordu en refuge un bénévole. Depuis quand on envoie un bénévole sur un chien qui aurait soit vu sa maîtresse mourir en étant agressé, soit en étant l’agresseur ? Dans les deux cas de figure, ça demande l’intervention d’un professionnel, d’un technicien.

Les bénévoles font un travail incroyable et souvent avec le cœur. Quand on a ce type de problématique, le cœur ne suffit plus, et là, à mon avis, c’est complètement irresponsable que d’envoyer une bénévole sur ce type de chien, dans ces conditions-là. Attention, je dis bien dans ces conditions-là. On n’envoie pas à quelqu’un, qui est là pour l’amour des chiens, partir à l’abattoir, sinon, qu’est-ce qu’on récupère à la fin ? Une morsure et encore un raccourci. Ce n’est pas professionnel ça.

Il a mordu donc il est méchant. Et là, on va s’orienter vers un chien qui va mourir sans qu’on sache la vérité. Parce que c’est ça qu’on va gagner à la fin a force de rentrer dans cette cage n’importe comment. Aujourd’hui, en refuge il ne sort pas, il ne court pas, il ne joue pas, il est coupé de sa famille, il est coupé de tout. Il a été retiré avec une brutalité terrible de la vie quotidienne, il a vu ou vécu des choses qui sont terrifiantes.

N’importe lequel de vos chiens, s’il vivait un dixième de ce qui lui est arrivé, mordrait n’importe qui tout le temps. Comprenons bien que là on est sur une situation complètement extrême. On est en train, même sans le vouloir, de pousser ce chien à mordre. Qu’on soit bien clair encore une fois, là je ne suis pas en train de défendre le chien ni de minimiser les choses, je suis en train de vous parler comme un professionnel du chien, comme un technicien.

Mais est-ce qu’on n’est pas fou dans nos têtes ? On va l’évaluer dans les conditions dans lesquelles il est depuis trois mois. Autant le piquer tout de suite, ça ira plus vite. La seule solution c’est de dire que ce chien-là, maintenant, doit être mis en condition normale à savoir des infrastructures qui lui donne la possibilité de sortir en toute sécurité pour les gens qui sont autour, et aussi pour l’extérieur, donc dans un milieu fermé. Il doit pouvoir se réaliser, il doit pouvoir se dépenser physiquement, il doit pouvoir évacuer tout ce qu’il a vécu. On doit le remettre dans le sens de la marche et ensuite on pourra poser un diagnostic et l’évaluer.

Ce que nous proposons pour Curtis

Tout ce que je peux vous dire, c’est qu’on a toutes les infrastructures pour pouvoir accueillir ce chien en toute sécurité. On a les compétences techniques et les formations pour pouvoir évaluer ce chien correctement. Surtout, nous pouvons assurer la sécurité des biens et des personnes. On propose de mettre à disposition de la justice toutes nos infrastructures. Tout ça, dans le but de pouvoir réellement évaluer ce chien dans des conditions normalisées. Je préférerais tout de suite être clair avec tout le monde. Il n’y a pas de guerre à avoir entre éducateurs aujourd’hui.

Si la justice veut mandater ses vétérinaires à elle, aucun problème ! Ils sont les bienvenus. Si la justice nous dit on veut les infrastructures, mais vous ne touchez pas le chien, ce seront nos vétérinaires. Aucun problème je me mets sur le côté, je m’assois. Il n’y aura aucune communication, aucune image, aucune vidéo, qui ne ressortira sur les réseaux ou nulle part ailleurs. Tout sera remis à la justice et comme ça au moins les choses pourront se faire correctement.

Moi je pense qu’on oublie quelqu’un dans l’affaire Curtis, c’est quand même le maître du chien. Je pense qu’une évaluation correcte dans des conditions correctes impose la présence du maître. Attention, qu’on soit clair, ce qu’on propose là c’est pas du tout fait pour protéger le chien. Nous, on est dans aucun camp. Là, c’est simplement fait pour que l’analyse puisse être juste, pour qu’on puisse réellement poser un diagnostic. Mais qu’on soit bien clair, si le chien par la suite est diagnostiqué dangereux et que la justice décide de l’euthanasier, ou s’il est confirmé que ce chien a réellement commis des actes irréparables, à ce moment-là, on ne pourra rien dire.

On voudrait simplement qu’il ne soit pas condamné avant d’avoir été jugé. Pour le juger, il faut quand même le mettre dans des conditions humaines, responsables, normales. Il faut des réponses. Pour avoir ces réponses il faut un retour au calme, il faut un esprit clair. Il faut que les professionnels du chien parlent, s’ils savent de quoi ils parlent. Que la justice même si elle a fait des erreurs puissent continuer à avancer correctement.

De toute façon à la fin, c’est la famille et le chien qui vont le payer. On n’a pas d’autre choix que de faire confiance. On peut aider ou proposer des choses qui aident la justice à avancer dans l’affaire Curtis. Je pense qu’il faut le faire et ce n’est pas en l’ouvrant ou en rentrant dans des combats qui n’ont pas lieu d’être qu’on va aider la justice. Surtout, qu’on va offrir à toute une famille d’avoir ce qu’ils veulent depuis le début : la vérité.

L’affaire Curtis, analyse technique de la situation