Le Bouvier Bernois

Salut à tous ! Bienvenue sur Esprit dog. Aujourd’hui, je vous présente le bouvier bernois.

Le plus gros défaut de cette race, c’est qu’ils ont de jolies gueules. Quand ils sont petits, on dirait des petits nounours. Sauf que vous oubliez souvent que quinze mois plus tard ils vont peser 50 kg. Il faut absolument pouvoir les nourrir, les soigner, les sortir. C’est plus un si petit nounours que ça. Alors, niveau obéissance, ce n’est pas des chiens qui sont très conflictuels. Ils n’aiment pas vraiment travailler. En tout cas, travailler dans le sens que l’on a nous, du mot. Les ordres de base, ça les barbes assez vite.

Présentation du bouvier bernois

Maintenant, ça ne veut pas dire qu’ils sont bêtes, mais qu’ils ne sont pas réellement faits pour ça. Ce n’est pas ce qui les passionne le plus. Vous allez donc devoir impérativement trouver un système pour intéresser et amuser votre bouvier bernois, sinon il risque de s’ennuyer très vite. C’est des chiens qui vont être extrêmement fidèles à leurs maîtres, ils ont besoin de beaucoup de contact physique. Ils ont besoin que vous soyez proche d’eux et que vous partagiez leur vie. Ne comptez pas prendre un bouvier bernois, le laisser sur un terrain et vous partir bosser tous les jours pendant dix heures, sans jamais aucune présence. Ce chien peut tout à fait s’adapter, mais il va être malheureux.

C’est ce qu’on appelle des chiens un petit peu pot de colle. Si on n’accepte pas d’avoir un chien tout le temps collé à soi, on ne prend pas un bouvier bernois. Si, au contraire, on apprécie ce côté un peu pot de colle, à ce moment-là, ça ne pose pas de souci.

Niveau santé, il est touché par tous les problèmes inhérents aux grandes races à savoir : la dysplasie de la hanche et du coude et les problèmes coxo-fémoraux. Il y a parfois la troisième paupière qui ressort sur certains bouviers bernois, donc il faut faire un petit peu attention. Disons que globalement, il n’est pas touché par énormément de tares génétiques. Il y a une autre chose qui est prépondérante chez le bouvier : il a une croissance qui est très lente. Ça veut dire que tous les cas de dysplasie de la hanche ou du coude sur les bouviers, en tout cas huit cas sur dix, ne sont pas dues à l’élevage, mais sont dues à l’environnement dans lequel il évolue.

Quand vous avez un grand chien comme ça, il peut tout à fait ne pas développer de dysplasie. Le problème, quand vous le récupérez, vous le faites soit beaucoup trop courir, soit vous le faites courir sur du carrelage. Résultat, qu’est-ce que vous allez gagner ? Vous allez gagner une dysplasie. Il ne faudra pas venir pleurer chez l’éleveur, parce que c’est de votre faute. Vous avez aussi une responsabilité dans la croissance de vos chiens.

Dans le même ordre d’idée, quand vous récupérez un grand chien de type bouvier bernois par exemple, on vous dit souvent il ne doit pas sortir, il ne doit pas courir, il ne doit pas jouer avant ces six mois et je ne sais quelles autres âneries. L’idée, c’est qu’il ne faut pas pousser le bouvier dans ses retranchements. En plus, au niveau ostéoarticulaire il n’est pas encore formé.

Maintenant, le mieux quand on prend un bouvier bernois, c’est de lui faire faire des balades en extérieur, l’éveiller, lui faire renifler des choses, le dépenser physiquement à la mesure de ce qu’il a envie de se dépenser. Vous pouvez ensuite rentrer à la maison et le faire dormir. Il ne faut pas vous dire : non, je ne le sors pas, il n’a pas le droit à sa balade, il n’a le droit qu’à cinq minutes. Quand il rentre chez vous, qu’est-ce que le chien va faire ? Il va courir sur le carrelage et il va faire le con dans la maison. C’est à ce moment-là, quand il va commencer à courir à l’intérieur, qu’il va risquer une dysplasie de la hanche ou du coude. Donc on retient bien ça et on y fait attention.

Les caractéristiques de la race

Il a une croissance aussi bien physique qu’intellectuelle qui est extrêmement longue. Il va finir sa croissance intellectuelle vers 20 ou 24 mois. Donc n’attendez pas que votre bouvier, quand il a cinq ou six mois, ait le même niveau de maturité que si vous preniez un plus petit chien. Il va mettre du temps à arriver à maturité et il va falloir le comprendre. Le bouvier est un chien qui est très sensible.

Si vous vous y prenez trop brutalement, vous allez en faire un chien qui va être sensible, fragile, et surtout peureux et nerveux. À la fin, vous allez en faire un chien mordeur parce que justement il aura été beaucoup trop introverti durant toute sa jeunesse. Ça, c’est vraiment quelque chose d’essentiel. Ne vous fiez pas forcément à son physique.

On pourrait croire qu’il est un petit peu brut de décoffrage sur sa façon de faire et, effectivement, sur certains adultes c’est le cas. Mais quand ils sont jeunes, ne vous y trompez pas. Ce n’est pas parce que le petit fait 20 ou 30 kg à quatre ou cinq mois qu’il l’est.

Niveau espérance de vie, on est sur une moyenne de 7 à 10 ans. Malheureusement, on va vers des modèles toujours de plus en plus gros de plus en plus lourds de bouviers bernois. Si vous faites l’erreur de tomber dans l’excès et la surenchère, vous risquez de garder votre bouvier bien moins longtemps que ce qu’il ne devrait. Au niveau du poids, justement, les femelles font entre 40 et 45 kg, les mâles vont de 45 à 48 kg. Parfois, même ces derniers montent jusqu’à 55 kg. Vous avez quelques exceptions, ça va dépendre du morphotype.

Il faut faire attention, ce n’est pas tant le poids d’un standard qui va compter c’est surtout ce que vous voyez devant les yeux. Si vous avez un bouvier qui a le physique un petit peu plus fin que les autres, ne vous acharnez pas à vouloir forcément lui faire faire 50 kg ou 55 kg parce que c’est marqué sur le papier du standard. Peut-être que celui que vous avez ne devra en faire que 45 parce qu’il a une petite stature.

Niveau toilettage, il y a un petit coup de brosse à lui mettre une fois par semaine si vous ne voulez pas vous retrouver dans une maison pleine de poils. Le bouvier peut être adapté à n’importe quelle vie, il peut vivre en famille avec des enfants ce n’est pas un souci. Enfin, les personnes sportives peuvent tout à fait prendre un bouvier.

Ce n’est pas un marathonien le bouvier. Si vous voulez faire 40 kilomètres avec lui, il va falloir oublier. Par contre, il peut tout à fait être sportif et tenir la distance, du moment que les distances soient raisonnables. Il est tout le temps prêt pour partir à l’aventure et notamment en trekking. Pour faire des balades en forêt, ça va être votre compagnon idéal. Maintenant, on va aller voir une passionnée de la race, on va aller voir Sandra.

L’interview de Sandra

Esprit dog : Première question, pourquoi le bouvier ?

Sandra : Justement parce que c’est un chien pot de colle, j’adore ça. Du coup, c’est un chien/chat un petit peu, si je suis dans une pièce ils sont avec moi. C’est du gros nounours, c’est un chien qui a besoin de moi donc je me sens indispensable.

Esprit dog : Toi, si tu devais conseiller le bouvier un type de personnes ce serait quoi ?

Sandra : Ils ont besoin quand même de présence. Que ce soit dans un grand terrain, un petit terrain, même dans un appartement ça ne me choquerait pas, du moment qu’on est là. Moi je sais que j’ai un grand jardin. Si je ne vais pas dans le fond du jardin avec eux ils n’y vont pas. Ça demande beaucoup d’exercice tous les jours. On fait une bonne marche d’une heure ou moins quand il fait chaud parce qu’ils ont du mal à supporter la chaleur avec leurs poils. Ce n’est pas un chien qui a besoin de courir pendant cinq heures. Disons que si tu veux qu’ils soient bien dans leurs têtes tu prévois une bonne sortie d’une heure.

Esprit dog : On est bien d’accord qu’on parle de sortie en dehors du jardin ?

Sandra : Oui, j’ai un grand terrain et ils n’ont pas l’impression qu’on se soit promené si on a fait juste le tour du jardin. Ils ont besoin de monter dans la voiture, d’aller voir autre chose, de renifler d’autres odeurs, de voir d’autres paysages.

Esprit dog : Il faut savoir que le bouvier bernois c’est un cousin du rottweiler qui est le bouvier allemand. Ça, c’était pour la petite histoire dont tout le monde n’a strictement rien à faire et que j’avais envie de caler comme ça, au détour d’un arbre. Si tu avais trois conseils à donner à quelqu’un qui va récupérer un bouvier bernois, ce serait quoi ?

Sandra : Prévoir du temps à lui consacrer. L’éducation c’est primordial, parce qu’il ne faut pas oublier son poids quand il sera adulte. Et de ne pas se laisser attendrir par sa petite frimousse quand il est bébé. Ne pas se dire : non, mais il est petit, il ne comprend pas… Ils comprennent très bien.

Esprit dog : Il faut simplement lui mettre un cadre de vie.

Sandra : Voilà, et comme c’est un chien familial, c’est vrai que si on est plusieurs dans la famille s’il y en a un qui dit oui au canapé l’autre qui dit non au canapé forcément le chien ne peut pas savoir.

Esprit dog : D’une part, il ne peut pas savoir, d’autre part à la fin ce sera oui et,avec un peu de malchance, il va en plus se montrer un peu con et ce ne sera pas de sa faute. Je pense que, quand on récupère un chiot bouvier à deux mois, on doit lui présenter le cadre de vie. Ça va être là-dessus qu’il va falloir s’axer avant même de commencer à parler de dressage. On s’en fout de savoir s’il se couche ou s’il s’assoit à deux ou trois mois. Par contre, lui indiquer un vrai cadre de vie c’est indispensable. Tes chiens doivent te suivre naturellement sans avoir à leur parler. Niveau santé, comment ça se passe ?

Sandra : Je fais très attention à ce que je leur donne à manger. C’est un chien qui a un système digestif relativement sensible. Si on veut s’éviter des frais veto, on investit dans des bonnes coquettes pas dans les frais veto.

Esprit dog : Si tu devais leur donner 3 qualités, ce serait quoi ?

Sandra : L’affection, ils ont le côté pot de colle qui revient à chaque fois. L’attachement à son maître. Il est très protecteur et je pense qu’il veille sur moi un petit peu.

Esprit dog : Écoute Sandra, merci beaucoup. À la prochaine !

Le Bouvier Bernois