Rosco, Cane Corso agressif envers les humains

Rosco, Cane Corso agressif envers les humains

Rosco vient pour de l’agressivité à l’humain. C’est un beau bébé de 50 kilos. À peine sortie de la voiture, sur le chemin, il charge 6 personnes. On dirait un tank, Rosco, c’est un train de marchandises ! Rosco, c’est un chien incompris…

Je m’en souviens car c’est un cas particulier. La personne qui devait venir ce jour-là n’est pas venue pour cause de covid. Alors on appelle ce couple, avec Rosco, pour prendre cette place libérée. Ils font une journée entière de voiture, ils arrivent ici et le lendemain, on démarre. En termes de détermination, on peut difficilement faire mieux.

Rosco est un chien Cane Corso qui ne sort plus, il ne croise plus personne. Il veut dépecer tout ce qu’il y a.

L’histoire de Rosco (chien incompris) et de ses maîtres

Les maîtres de Rosco adore les chiens et ont déjà au, par le passé, des molosses. Ils ont espoir d’emmener Rosco avec eux, partout, mais ils se limitent beaucoup en réalité. Ils hésitent sur tout ; ne sortent plus avec Rosco. Ils sont en mode « survie ».

Ça empire de semaine en semaine, ils ne le comprennent pas, ça leur fait de la peine. Patrick et Myriam voient que Rosco n’est pas bien, qu’il ne profite pas.

Les maîtres de Rosco font tout pour lui, ils adorent ce chien mais ils n’arrivent pas à le calmer, à l’apaiser.  Si Rosco était le temps comme ça, l’espoir serait mince. Mais à la maison il est détendu, il joue, il fait entièrement confiance à Patrick et Myriam. Alors le voir dehors si tendu, si stressé ça leur fait du mal.

Rosco, chien incompris : la raison principale de ses réactions

C’est l’exemple type du chien incompris qui est tombé sur de bons maîtres.

Pendant 6 mois, ils ont vu un éducateur par mois. Ils ont été en club canin pendant 10 mois, c’est ahurissant. Un grand nombre de personnes est intervenu sur ce chien.

Patrick et Myriam racontent : « Ça allait dans tous les sens. Un coup, c’était très positif, parfois c’était le contraire, plus dur, plus serré et au final, on pense que le chien ne comprenait rien et eux non plus. On ne savait pas quelle ligne adopter pour que le chien se sente bien. »

Il n’a plus confiance dans les éducateurs, Rosco s’est fait une raison. Ces maîtres ne vont jamais abandonner leur chien mais vont se condamner à une vie de malheur et d’enfermement avec ce chien en restant dans cette situation.

Le travail des précédents éducateurs canins : un échec

« Les éducateurs, on n’y croyait plus. Les contractions des éducateurs étaient impressionnantes. Il y a beaucoup de théorie mais on a vu personne en action qui nous montrait le chien et les exercices. Esprit Dog c’est la dernière chance : sinon, l’étape suivante c’est qu’il aurait fallu qu’on accepte la chose et qu’on s’adapte à sa vie. », nous confient Patrick et Myriam.

Ce qui perturbe le Plus Tony, c’est ce qu’ils vont faire au club. Ils ont mis 8 mois avant d’arrêter d’avoir peur de Rosco !

Myriam raconte qu’elle avait prévenu qu’ils arrivaient avec Rosco. Il leur hurlait dessus et était très réactif. Les gens avaient peur de ce chien muselé et de sa réactivité. Elle ne pouvait pas assister au cours car Myriam n’y avait pas accès, elle devait rester à l’extérieur du grillage et les regarder faire le cours.

Après une longue négociation, Myriam a pu assister au cours, mais par contre devait rester sur les côtés. Rosco était, évidemment, hyper frustré.

D’un point de vue technique, c’est une erreur faramineuse d’interdire au maître d’assister au cours et de rendre le chien autant frustré.

Le chien voit des humains travailler avec les autres chiens et être récompensés alors que, lui, est à part. Il ne sera pas testé avec des chiens et ne sera jamais mis en relation même quand il est petit. C’est dramatique et ça construira les troubles du comportement et les renforcera.

D’un point de vue humain, c’est difficile car tu vois des maîtres en détresse qui ne trouvent pas de solution face à un chien qui attaque des gens, qui attaque des chiens, court sur les vélos… Ils veulent trouver des solutions et ils sont laissés à l’écart de tout le monde.

L’analyse de Tony, éducateur canin et comportementaliste

Le plus malheureux, c’est seulement qu’il est peureux ce chien.

C’est une des particularités que peuvent avoir ces types de chiens, ils ont des corps de rugbyman sauf que lui, c’est un enfant. Ça se voit à sa façon de se projeter, de se tenir, d’avancer, d’aboyer, et ça se lit dans ses yeux : « j’ai peur, j’ai rien capté à la vie ». On va travailler et faire tout ce qu’il faut pour récupérer le chien.

Tony a pris Rosco sans tirer la laisse. On voit qu’il est en confiance rapidement et cet exemple est impressionnant. Une solution est certainement trouvée…

Puis on va l’attacher, le démuseler et on va jouer avec.

Le 1er jour, Rosco refuse de jouer avec les autres mais joue avec Patrick et Myriam. Un chien peureux fait toujours ça, il ne joue pas quand il a peur.

Le 2ème jour, on avance dans la séance. On va chercher l’impact psychologique pour le chien et pour les maîtres en lui disant qu’il n’est pas méchant et pas dangereux et on lui enlève la muselière.

« C’est une sorte de libération pour Rosco, on lui fait confiance » : nous disent Patrick et Myriam.

Tout un travail pour réapprendre la vie à Rosco, chien incompris

Tony : Puis il va juste falloir lui dire « voilà ce que sont les humains, voilà ce qu’est le monde dans lequel tu peux vivre ».

Ce chien incompris va devoir réapprendre :

  • les odeurs, les sensations, les mouvements, les bruits,
  • mais aussi réapprendre que quand il y a des humains, ça peut être cool. Et pour lui, ça veut donc dire jouer.

Quand vous avez un chien compliqué en extérieur, vous êtes fâchés, vous le détachez dans la maison et vous ne voulez plus lui parler. Mais on peut aussi se dire qu’à chaque fois qu’on va en ville, dès qu’on rentre, on joue parce que grâce à la sortie en ville, on va jouer.

Parce que c’est grâce aux humains, aux voitures, au bruit qu’il y a eu, qu’on va jouer. Voilà comment tu peux monter un travail intellectuel avec le chien qui consiste à réhabiliter le chien dans le monde dans lequel il est.

On va aussi travailler au milieu des humains. On va leur demander de se cacher, on va marcher autour de lui. Puis on demande à ses maîtres de le rappeler en étant cachés pour que ce chien arrive à comprendre que les humains sont cools, qu’on s’occupe de lui et qu’il devrait s’en moquer car il n’y a aucune raison d’en avoir peur.

Un changement de comportement du chien à la clé

Le chien va commencer à nous proposer des phases de jeu, des invitations au jeu, à faire le foufou, à courir dans tous les sens, à appeler au jeu, à entrer en interaction avec toutes les autres personnes, même avec certaines qu’il ne connaît pas et qui n’ont pas de légitimité sur lui.

Parce que finalement jouer ça devrait pouvoir être permis avec n’importe qui. Une fois que le chien est heureux de faire ce qu’il fait, vient le moment de le rendre heureux de lui apprendre quelques gestes : une marche en laisse, assis, couché, pas bouger.

Après on commence à travailler le reste car ça contribue à le récompenser, à valoriser chaque action.

Ça permet de le plonger dans une bulle de travail heureuse : on n’est pas sur un chien qui peut travailler pendant 3h, on doit donc rester sur un temps qui reste de plaisir. Il est débordant d’amour et de plaisir si on reste sur cet axe là alors il va apprendre extrêmement vite. C’est comme ça que le chien se dit que les humains sont sympas, qu’apprendre des choses c’est pas si pénible.

On est exactement dans sa tête et dans ses yeux et on a pu avoir exactement ce qu’on voulait.

Le bilan de cette expérience avec Rosco, chien incompris

On est partis en ville, on leur a montré comment on fonctionnait et tous les jours ils y vont et partent en balade en ville.

Ils lui montrent comment ça se passe. Les maîtres sont plus détendus car ils ont compris ce qu’ils faisaient de mal et ce qu’il fallait faire quand ça se passait mal. Une fois qu’on sait, qu’on a tous les pourquoi et comment, c’est réglé. Le temps va faire son œuvre et on n’en parlera plus.

« On voit qu’on peut comprendre notre chien, il suffisait d’avoir un traducteur de chien. Tony nous a dit ce que notre chien voulait nous dire. Avec le recul de cette semaine, c’était clair que ça ne pouvait pas marcher » : nous confient Myriam et Patrick.

Maintenant ils savent qu’il fallait s’y prendre autrement. Cette expérience Esprit Dog leur a redonné confiance dans les éducateurs canins. Ils ont clairement pu voir que c’était possible, Patrick et Myriam sont  très contents et reconnaissants de trouver tant de bienveillance.

Tony : Ne désespérez jamais, une solution existe toujours. La réalité ce n’est pas d’avoir des chiens difficiles, la réalité ce n’est pas que ces chiens sont conçus pour ça, la réalité c’est que l’humain a créé ce genre de chiens.