1 propriétaire sur 6 a déjà pensé à se séparer de son chien
- Publié le 1 septembre 2026
- Mis à jour le 2 septembre 2026
Nous avons posé une question simple, et volontairement inconfortable, à celles et ceux qui nous suivent : lors de vos pires moments de galère avec votre chien, avez-vous déjà pensé à l’abandonner ? En trois jours, 13 119 propriétaires de chien ont répondu. 2 005 d’entre eux ont répondu oui, soit environ un propriétaire sur six.
Voici ce que disent ces réponses, race par race, et selon que l’on en est à son premier chien ou non. Les données complètes sont téléchargeables en bas de page.
Ce que 13 119 propriétaires nous ont répondu

| Réponse | Effectif | Part |
|---|---|---|
| Non, jamais, peu importent les difficultés | 11 004 | 83,9 % |
| Oui, sous le coup de la détresse, j’ai déjà pensé à m’en séparer | 2 005 | 15,3 % |
| La situation était trop dure et j’ai dû m’en séparer | 110 | 0,8 % |
| Total | 13 119 | 100 % |
La grande majorité des répondants, 83,9 %, n’y ont jamais pensé, quelles que soient les difficultés rencontrées. 2 005 personnes sur 13 119 ont déjà pensé à abandonner leur chien dans un moment de détresse. Et 1 propriétaire sur 120 ayant répondu a effectivement dû se séparer de son chien, soit 110 personnes au total.
Toutes les races ne sont pas concernées de la même façon
Les répondants indiquaient la race de leur chien en champ libre. Quatre mille neuf cent trente-sept orthographes différentes plus tard, 86 % des réponses ont pu être regroupées par famille de race. Seules les races comptant au moins 150 réponses figurent dans ce classement.

| Race | Ont pensé | Base | Taux |
|---|---|---|---|
| Bergers belges | 232 | 1 089 | 21,3 % |
| Husky | 48 | 236 | 20,3 % |
| Berger australien | 166 | 935 | 17,8 % |
| Berger allemand | 79 | 446 | 17,7 % |
| Beauceron | 46 | 277 | 16,6 % |
| Cocker | 48 | 309 | 15,5 % |
| Border collie | 99 | 687 | 14,4 % |
| Berger blanc suisse | 29 | 205 | 14,1 % |
| Teckel | 32 | 230 | 13,9 % |
| American Staffordshire | 119 | 866 | 13,7 % |
| Labrador | 75 | 572 | 13,1 % |
| Golden retriever | 95 | 790 | 12,0 % |
| Berger américain miniature | 35 | 300 | 11,7 % |
| Eurasier | 20 | 173 | 11,6 % |
| Cane corso | 24 | 207 | 11,6 % |
| Moyenne des races identifiées | — | — | 15,4 % |
Moyenne calculée sur les seules races identifiées, soit 86 % des réponses ; le taux tous répondants confondus est de 15,3 %. Les variétés de bergers belges, malinois, tervueren, groenendael, laekenois, sont comptées ensemble.
Plus d’1 propriétaire de bergers belges sur 5 ayant répondu a déjà pensé à s’en séparer : 21,3 %, contre 14,9 % pour les autres races réunies. La famille des bergers belges est à la fois la plus représentée du sondage et celle qui affiche le taux le plus élevé. 1 propriétaire de husky sur 5 ayant répondu a déjà pensé à s’en séparer : 20,3 %.
À l’autre extrémité du classement, environ 1 propriétaire de golden retriever sur 8 ayant répondu a déjà pensé à s’en séparer : 12,0 %, le taux le plus bas avec l’eurasier et le cane corso, à 11,6 %. Le staffordshire, souvent présenté comme une race difficile, se situe sous la moyenne générale : 13,7 % contre 15,4 %.
On pourrait s’arrêter à ce classement et conclure que certaines races sont plus dures à vivre que d’autres. Ce serait aller vite, et la suite du sondage dit autre chose.
Le premier chien change tout
| Profil | Ont pensé | Base | Taux |
|---|---|---|---|
| C’est leur premier chien | 1 095 | 6 278 | 17,4 % |
| Ils ont déjà eu un chien | 906 | 6 699 | 13,5 % |
Écart de 3,9 points, statistiquement significatif au seuil de 5 %. Base : 12 977 répondants ayant renseigné les deux questions.
Près d’1 propriétaire sur 6 dont c’est le premier chien a déjà pensé à s’en séparer : 17,4 %, contre environ 1 sur 7 chez ceux qui ont déjà eu un chien, à 13,5 %.

Parmi les propriétaires ayant déjà pensé à se séparer de leur chien, plus de la moitié en étaient à leur premier chien : 54,7 %, alors qu’ils ne représentent que 48,4 % de l’ensemble des répondants.
Cette deuxième proportion est indispensable à la lecture. Sans elle, on croirait lire un écart de dix points. En réalité, les primo-propriétaires étant déjà presque la moitié des répondants, la sur-représentation réelle est de 13 %. C’est un écart net, mais ce n’est pas un gouffre. Le dire correctement est ce qui rend le chiffre solide.
Bergers belges et premier chien : quand les difficultés se cumulent
C’est en croisant les deux questions que le sondage devient réellement instructif.
| Race | C’est leur premier chien | Ils ont déjà eu un chien | Écart |
|---|---|---|---|
| Bergers belges | 28,7 % (n=442) | 16,3 % (n=646) | +12,4 pts |
| Husky | 24,0 % (n=129) | 15,1 % (n=106) | +8,9 pts |
| Berger australien | 19,2 % (n=473) | 16,4 % (n=458) | +2,8 pts |
| Border collie | 16,4 % (n=323) | 12,7 % (n=363) | +3,7 pts |
| Labrador | 15,5 % (n=283) | 10,8 % (n=288) | +4,7 pts |
| Golden retriever | 14,8 % (n=460) | 8,2 % (n=330) | +6,6 pts |
| American Staffordshire | 13,5 % (n=400) | 13,8 % (n=463) | −0,3 pt |
Près de 3 propriétaires de bergers belges sur 10 dont c’est le premier chien ont déjà pensé à s’en séparer : 28,7 %. C’est le taux le plus élevé de tout le sondage. Chez les propriétaires de bergers belges qui ont déjà eu un chien, ce taux tombe à 16,3 %, soit environ 1 sur 6.
Entre ces deux colonnes, la race ne change pas. Le chien est le même. Ce qui change, c’est ce que le maître savait avant d’ouvrir sa porte à un chien de berger belge. Le même phénomène se lit chez le husky, où l’on passe de 24,0 % à 15,1 %, et chez le golden retriever, dont le taux descend à 8,2 % chez les maîtres expérimentés, soit environ 1 sur 12, le chiffre le plus bas du sondage.
Une race fait exception : le staffordshire ne présente aucune différence entre débutants et propriétaires expérimentés, avec 13,5 % contre 13,8 %. C’est le seul cas du sondage où l’expérience du maître ne change rien, ce qui est d’autant plus notable qu’il s’agit d’une race régulièrement décrite comme réservée aux initiés.
Ce que ces chiffres disent, et ce qu’ils ne disent pas
Ce sondage mesure ce que déclarent des propriétaires sur leur propre vécu. Il ne mesure ni le tempérament réel des chiens, ni les causes de la détresse, ni le nombre d’abandons effectifs en France. Un taux élevé sur une race ne dit rien de la dangerosité ou de la difficulté intrinsèque de cette race : il dit que, parmi les propriétaires de cette race qui nous ont répondu, une proportion donnée a traversé un moment difficile.
Les répondants sont les abonnés de nos comptes, pas un échantillon tiré au sort. Les chiffres décrivent cette population de répondants, et non les propriétaires de chien en général. Les comparaisons entre groupes, une race face à une autre, un débutant face à un maître expérimenté, restent en revanche parfaitement valides : elles ne dépendent pas de la représentativité de l’échantillon.
Le mot de Tony Silvestre
Attention, il y a une vraie différence entre le faire et y penser. Il faut bien prendre en compte qu’une pensée sombre, même si elle ne s’excuse pas, peut arriver à n’importe qui sur un moment d’extrême fatigue ou en rentrant et en voyant la maison sens dessus dessous, le canapé détruit… La chose la plus importante dans ce cas de figure-là, c’est surtout de ne pas se sentir seul et de se sentir aidé. Il faut essayer de ne pas se laisser culpabiliser par cette pensée pour justement se remettre tout de suite sur de meilleures pensées et donc se remettre à travailler pour avancer.
Quand on parle de 28,7 % de premiers propriétaires de bergers belges qui ont déjà pensé à s’en séparer, contre 16,3 % chez des maîtres ayant déjà eu des chiens, ça veut surtout dire que les gens sont sans doute mal renseignés sur la race. Ils sont aussi, sans doute, mal orientés dans l’éducation de ce type de chiens, en recevant beaucoup de conseils qui sont inadaptés pour des chiens qui ont d’aussi grandes capacités et qui doivent être exploitées correctement. C’est vraiment cette analyse-là qui doit ressortir de ces deux nombres.
Ce sondage, c’est aussi un sondage qui permet d’avoir une photo du monde du chien sur ce thème précis et c’est pour cela qu’il y en aura d’autres qui suivront sur d’autres sujets. Cela permet aussi de réadapter la façon de transmettre les messages, de voir sur lesquels il faut peut-être plus appuyer et voir comment mieux orienter les gens afin justement de ne jamais arriver à la partie tant redoutée de l’abandon contre laquelle il faut lutter. Mais pour lutter contre l’abandon, il faut impérativement avoir ces données-là, avoir ces chiffres-là et surtout savoir ce qui pose problème. Sans ça, on ne pourra pas avancer dans le bon sens.
Y penser n’est pas passer à l’acte
Un propriétaire sur six a eu cette pensée. Un sur cent vingt a dû aller au bout. Entre les deux, il y a tout ce qui peut se travailler, et il vaut la peine de rappeler ce que sont réellement les options.
L’abandon et la cession ne sont pas la même chose. Abandonner, c’est laisser un chien seul, sans personne pour s’en occuper. C’est un délit, et c’est aussi la pire issue possible pour l’animal. Céder son chien, c’est le confier à quelqu’un qui pourra en prendre soin, quand la situation ne laisse vraiment pas d’autre choix : un handicap, un déménagement contraint, un chien dangereux pour de jeunes enfants. La seconde démarche n’est pas anodine, mais elle n’a rien à voir avec la première. Un épisode est consacré au sujet.
Avant d’en arriver là, la plupart des situations se travaillent. Les difficultés fréquemment rencontrées par tous les maîtres de chiens, destruction, aboiements, agressivité, malpropreté, fugue, etc., sont toutes des problématiques qui se travaillent et peuvent se régler. À titre d’exemple, un chien de six mois qui détruit le salon n’est pas un chien raté : c’est un chien qui n’a pas encore appris à rester seul. La méthode Esprit Dog peut aider à reprendre les bases dans le bon ordre.
Si la séparation est inévitable, passez par une association ou un refuge plutôt que par une annonce en ligne, et soyez honnête sur les difficultés du chien : c’est la seule façon d’éviter qu’il ne revienne trois mois plus tard et de lui offrir une vie heureuse par la suite. Vous pouvez aussi consulter notre article sur l’adoption d’un chien adulte.
Enfin, si le sujet vous intéresse à l’échelle du pays, nous avons consacré un épisode entier au retard français en matière d’abandon.
Comment cette enquête a été réalisée
Sondage en ligne mené du 24 au 26 août 2026 auprès des abonnés du compte, recueillant 13 119 réponses de propriétaires de chien. Les répondants ne constituent pas un échantillon représentatif de la population française : ils sont à 76 % des femmes et à 88 % âgés de moins de 60 ans. Les résultats décrivent cette population de répondants.
Les analyses portent sur les personnes ayant déclaré avoir pensé à se séparer de leur chien ; les 110 personnes s’étant effectivement séparées de leur animal sont comptabilisées à part. Les races, saisies en champ libre, ont été regroupées par famille, les variétés de berger belge comptant pour une seule race, et les croisements portant clairement une race lui étant rattachés. Seules les races comptant au moins 150 réponses sont présentées.
Les croisements race × expérience portent sur 12 977 répondants ayant renseigné les deux questions, contre 13 119 pour le résultat global. Sauf mention contraire, les écarts cités sont statistiquement significatifs au seuil de 5 %.
Un redressement sur les données INSEE a été testé puis écarté : l’échantillon est trop éloigné de la population française pour qu’il soit fiable, et il aurait fait porter 7,8 % du résultat par dix répondants, tout en ne déplaçant le chiffre global que de 1,8 point. Les résultats bruts sont plus fiables.
Réutiliser ces données
Les résultats de ce sondage sont librement réutilisables, presse, blogs, travaux universitaires, associations, sous réserve de citer Esprit Dog et de placer un lien vers cette page.
Citation prête à copier
Selon un sondage Esprit Dog mené en août 2026 auprès de 13 119 propriétaires de chien, 15,3 % d’entre eux déclarent avoir déjà pensé à se séparer de leur animal.
Source à citer : Sondages Esprit Dog, édition d’août 2026, espritdog.com/abandon-chien-2026/
Pour toute demande d’interview, de données complémentaires ou de croisement spécifique, écrivez-nous.